Affichage dossier Ader

L'état des connaissances sur l'Eole en 1990

Brûlé en 1903, l'Eole a disparu physiquement de la planète et jusqu'en 1992 la seule preuve photographique de son existence était un cliché partiel et légèrement flou. Les autres documents étaient représentés par les écrits d'Ader (à partir de 1909) et des dessins et descriptions plus anciens de natures diverses.

Voici la liste raisonnablement exhaustive de cette documentation. Les documents d'époque sont numérotés.

1 - La photographie citée plus haut, prise en 1898 dans l'atelier de la rue Jasmin. On y voit une partie de l'Eole, ailes repliées, sous l'aile de l'Avion N°3. La partie avant n'est pas visible et l'arrière partiellement désentoilée est cachée par des tonneaux.

La partie inférieure du "corps" est désentoilée du côté gauche, les roues principales sont des roues de manutention, une partie du condenseur est visible, la zone du "pouce" également.

Ce document est évidement capital et il recèle bien des trésors cachés. J'ai longtemps "planché" sur cette image pour tenter de découvrir ses secrets.

De cette photo, je possédais un tirage de grandes dimensions, sélection de la partie intéressante de la plaque d'origine sur laquelle toute la partie supérieure est occupée par l'aile déployée de l'Avion N°3, vue de dessous.

Plaque d'origine
Numéros des doigts

Quand j'en faisais la demande auprès de Pierre Lissarrague, il était en mesure de me fournir les agrandissement nécessaires y compris avec des variations de contraste et de luminosité. Pour l'Avion N°3, j'avais bénéficié des mêmes avantages, nous en verrons l'intérêt plus loin.

En travaillant les contrastes au dessus de la roue avant on devine mieux les lettres E O L

On verra plus loin que cette "divination" était exacte...

2 - Le devis de poids des différentes pièces de l'aile. Cette feuille apporte de précieuses indications, comme par exemple, l'existence du moufle de la main et l'existence de 4 doigts indépendants en plus du pouce.

Cliquer pour voir la page entière

Poids des différentes pièces composant l'avion Eole

La photocopie des textes, souvent peu lisibles étant donné leur âge, est souvent reprise à la plume.

Sur la page entière, en face des flèches noires, on peut lire en particulier :

* 4 chevalets des cuisses et bras et entre-doigts (a)

* Cordes moufles de la main relèvement corde d'angle (b)

* corde treuil avec moufle (b)

Il restait à découvrir où pouvaient se dissimuler ces éléments...

3 - Un dessin aux premiers stades d'exécution avec des surcharges et des annotations, qui se révèlera exact sur de nombreux détails à condition de savoir les choisir...

Cliquer pour agrandir

Accompagné d'un dessin d'hélice.

Cliquer pour agrandir

4 - Le plan du Zephir. Vue de dessus, datée d'environ 1890 (Icare N°134, page 48), notée comme préfigurant l'Avion N°2, en fait sans doute très proche de l'Eole.

5 - Le brevet de 1890. Difficile à interpréter, multiforme et incohérent, un modèle de désinformation qui mélange le vrai et le faux. On y voit des manivelles qui n'ont jamais existé et des appareils bizarres par ci par là...

N° 205155, 19 avril 1890- Appareil ailé pour la navigation aérienne, dit avion.
7 juillet 1891- Addition.
23 juin 1894- Addition.
22 janvier 1898- Addition.

On remarque la mention "cabinet Armangaud", déja évoqué dans la page 5 de la biographie.

Le texte du brevet (avec ses additions?), se compose de 23 pages illustrées de 40 figures.

Cliquer pour voir la feuille entière

Cliquer pour voir la feuille entière

Ces feuilles de dessins sont des planches tirées du livre de Jacques May écrit en 1909 (premier livre sur Ader). Il est possible de se faire une idée des explications alambiquées de ce brevet en consultant les texte suivants parus dans la revue "l'Aéronaute":

Aéronaute - 13 novembre 1909 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5783168r/f6.image

Aéronaute - 20 novembre 1909, la suite : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5783170t.image

La maquette du Musée construite d'après le brevet (début de page "avion3.htm")

La représentation (fausse), des "pouces", n'existe pas dans le brevet...

6 - Des feuilles de notes rescapées de la destruction. A part quelques indications précises, la situation est la même que pour le brevet: Tout et rien. Voici l'essentiel:

Un dessin d'Eole primitif, plus élaboré que l'esquisse présentée au début de la page 3 de la biographie.

Cliquer pour voir la feuille entière

Les annotations en vert sont de Pierre Lissarrague

Une feuille de mesures de la surface de l'aile.

Eole (surface d'une aile) relevé sur place

Résultat : Surface de l'aile 29,2 m2 (14,6188 x 2), de la main de Pierre Lissarrague

Le reste de la feuille n'est qu'une suite de chiffres sans intérêt.

Une feuille qui indique : pour le gouvernail de la roue d'arrière, mettre la barre à 120 m/m

Ensuite il est question de poulies et de cordes, le texte se termine par: il faut absoluement gouverner la roue avec les pédales les ailes déployées et aussi pliées. Le dessin est incompréhensible.

Cliquer pour voir la feuille entière

Une feuille qui indique : Probablement le poids total maximum = 250 K.

En admettant par mètre (carré) 10K. on a une surface de 25 mètres (carré), soit une envergure de 12 mètres et une moyenne longueur 2 m.

Hélice faite selon la loi des vitesses avec des ailettes de 1,30 et 1/4 au bout (?) sa surface en outre dans le rapport de celle, de la grande, des ailes.

Dans ces conditions la vitesse serait dans les 10 mètres " (secondes) environ. Si on gagne sur le poids tant mieux le vol sera plus léger mais il ne faut pas moins de 12 mètres car les essais seraient plus difficiles il ne faut pas donner plus car autrement les charpentes deviendraient trop lourdes et la manoeuvre plus pénible.

Il faut avoir une bonne direction, voilà.....

Cliquer pour voir la feuille entière

Un dessin vue de face avec un visage penché sur le côté : Avare de dimensions de bâti (texte déplacé)

Entre les roues : 80cm...!

Autres feuilles avec des phrases qui donnent des indications...

Un frein aux roues ! et un gouvernail s.v.p.

Cliquer pour voir la feuille entière

Nerfs des pédales

Pierre Lissarrague ajoute en vert (texte déplacé) : ici les pédales agissent sur l'aile, cette commande a été abandonnée, mais les pédales sans doute reprises pour la roue arrière.

Manoeuvres à faire en route

Cliquer pour voir la feuille entière

Une dizaine de manoeuvres étaient prévues : Texte retouché à la plume

Voici la procédure...

- Avancer ou reculer les ailes (équilibre)

- Plier ou déployer..... (vitesse) ?

- Tendre la corde de la membrane d'avant et l'abaisser ou la relever (Direction)

- Accentuer ou diminuer la courbe de soutient par les bouts ---- barré et illisible ---- et les bouts des pieds

- Baissement de la queue = (?) (Direction) ou appui sur la queue par la tige centrale (vrai frein d'arrêt)

- Tendre la toile avec les pattes de derrière

-------------

Fermer et ouvrir la vapeur, monter ou baisser la flamme, alimenter d'eau s'il y a perte (entre les deux pompes)

--- texte barré --- soutirer de l'eau s'il ----

Ouvrir et fermer le registre de la cheminée

Le pilote à bord n'aurait pas manqué d'activité.....

Enfin, l'exemple d'une feuille incompréhensible....

Cliquer pour voir la feuille entière

Les dessins de Pierre Lissarrague

Pégase N°56 et Icare N°134

Peinture de Paul Lengelé, décollage de l'Eole à Armainvilliers le 9 octobre 1890

Vue de côté.

Vue de face.

Vue de dessus (échelle différente).

Fuselage vu de face.

Pour expliquer les deux niveaux du sol, Pierre Lissarrague dit que la moitié droite représente l'Eole à sa sortie de l'atelier et celle de gauche correspond à la modification apportée sur place à Armainvilliers en 1890 pour augmenter l'assiette de l'avion au sol. Je ne sais pas où il avait trouvé ces indications.

Vues de dessus du fuselage, en haut partie supérieure, en bas partie inférieure.

Pas de commande de direction au sol.

L'avion en position (supposée) de vol, fort calage de la partie centrale de l'aile (plus de 25°), vrillage négatif important de l'extrémité (près de 19°).

Quand on pense que l'aviation est "la science des petits angles"...

En haut, dessin du "pouce" de l'Avion N°3

En bas dessin du pouce de l'Eole.

Ce schéma du pouce de l'Eole ne correspond pas à la représentation des mêmes pièces dans les dessins du dessus...!

Les positions de la corde et des poulies n'ont aucune justification, il aurait mieux valu ne rien faire...

C'est à partir de ces plans que Pierre Rogé avait construit ses trois Eole statiques, avant et arrière du fuselage pointus comme l'indique les flèches. Jusqu'à l'apparition de nouvelles preuves cette disposition à prévalu, dans ma construction aussi, on le verra plus loin.

Pierre Lissarrague était convaincu de l'existence du hublot...

Qui n'existe pas dans le brevet.

7 - Les dessins de revues

"La Science Française", 12 septembre 1891

Cliquer pour voir la feuille entière

La machine volante de M. Ader d'après le croquis d'un témoin oculaire de l'expérience.

Document publié par l'Illustration du 20 juin 1891

Dessin semblable trouvé dans les papiers d'Ader, le texte indique "Eole 1882-1889", un condenseur est dessiné.

Le bord d'attaque, flèche rouge, s'est révélé exact. L'atterrisseur à chenilles, flèche bleue, complètement faux.

On retrouve le hublot, on voit les moustaches du pilote...

Ce dessin termine la documentation disponible en 1990.

Les photos de l'atelier Ader découvertes en 1992

Touchante photo d'Ader, à contre-jour, la main gauche en mouvement.

L'histoire de ces photos sera décrite plus loin dans le texte.

Dans la page "siecle19", consacrée aux modèles réduits de machines volantes, presque toutes ces photographies stéréoscopiques, prises en 1901 dans l'atelier d'Ader, sont présentées. Il manquait celle d'Ader à titre documentaire et....

La photographie stéréoscopique de l'Eole en grande dimension

Une découverte capitale pour sa reconstitution.

Cliquer sur les images pour les agrandir.

Pour voir le relief suivre les explications de cette page

Où l'on trouvera ce stéréogramme.

Directement sur l'écran, avec un stéréoscope on voit bien le relief et... les pixels...

Voici le cliché d'origine

Les images sont des carrés de 41,5mm, leur centre est distant de 60mm, la partie centrale fait 17,5mm.

Pour avoir de bonnes informations sur la stéréoscopie on peut consulter ce site.

http://tpe.la-3d.pagesperso-orange.fr/TPE/Stereoscopie.htm

 

La photographie de la roue arrière de l'Eole

La photo de gauche était connue, elle est visible en entier au début de la deuxième page "Avion N°3".

L'agrandissement montre la roue arrière de l'Eole avec rayons et ligne de boutons.

La photographie de l'Eole vu de face

Cette photographie n'existe que dans le livre de Georges de Manthé (1936), elle est fortement tramée.

Mais on distingue parfaitement le condenseur de l'Eole derrière les tréteaux et le squelette de l'Avion N°3...

Flèche jaune : aile de l'Avion N°3. Flèche rouge : condenseur de l'Eole.

La flèche bleue est à l'aplomb de "l'étrave" de l'Eole.

C'est Pierre Lissarrague qui a découvert l'Eole dans cette photo de l'atelier d'Ader, publiée en 1936 dans le livre de Georges de Manthé. Elle avait déjà été reproduite dans son livre "Premiers Envols" daté de 1982, encore fallait-il repérer l'endroit..!

L'Eole en chiffres

D'après Pierre Lissarrague, L'Eole mesurait 4,6 mètres de longueur avec une surface alaire de 29,2 mètres carrés pour 13,7 mètres d'envergure. Il pesait à vide 185 kg, et pouvait enlever 10 kg d'eau et 30 kg d'alcool en plus d'un pilote de 75 kg. Le poids aux essais était de 300 kg avec une puissance motrice de l'ordre de 10 à 12ch.

Eole 2
Eole 3
Eole 4
Eole 5
Informatique
Analyse photos
Construction
Essais en vol

Affichage dossier Ader

Haut de page

Affichage du Sommaire

Affichage de l'Accueil si vous êtes perdu