L'aube se lève...

Sur des hasards qui n'existent pas...

C'est après une longue éclipse pendant laquelle je m'agitais dans les domaines de la radio, des sciences naturelles et de l'électronique, que vers la trentaine, je redécouvrais brusquement le "sentiment" modéliste. Un jour de 1975, près d'un lac, le miroir de l'eau me fit un appel... irrésistible, alors sans délai, je me précipitais dans une librairie (c'était à Montluçon) et je trouvais ça:

Une publication oubliée avec des images évocatrices et puis MRB

Deux revues que j'ai conservées, jamais perdues, jamais égarées...

Cette lecture me donna l'élan nécessaire et suffisant pour aller en consultation chez Christian Tachet, le commerçant spécialiste de notre région dont le magasin se situait curieusement à une cinquantaine de mètres de mon ancienne adresse à Clermont, juste en face de mes deux ex-fenêtres ! Plus curieusement encore, Christian disposait alors d'un local situé dans la maison mitoyenne de cette adresse à trois mètres de mon ancienne cuisine! Nous étions voisins temporels à plus de quinze ans de distance.

En 2007, la "bulle" internet achève le grand oeuvre de destruction.

Après plus de trente ans de services, tous les commerces de proximité vont bientôt disparaitre pour toujours de la sphère modéliste.

Les Bons Docteurs vont se taire et l'Age d'Or va mourir, noyé dans le dépron.

Le Diable ne se tient plus de joie...

Christian et Yves

"La Montagne", 1er décembre 2010

Par la suite notre voisinage devint spatialement effectif quand Christian s'installa pour plusieurs années dans une villa proche de mon établissement d'enseignement, juste sous mes fenêtres. Plus près cela n'était pas possible, il y avait un grillage....

Le plus fort de l'histoire, c'est que le père de Christian, Guy Tachet, grand modéliste devant l'Eternel, a trouvé le moyen par on ne sait quel miracle, de venir se loger quelques années plus tard dans le même village et dans la même rue que moi... trois ou quatre cents mètres plus bas...

Trop de coïncidences tue la coïncidence. Je ne sais quel génie s'acharne à nous réunir, mais je profite de l'occasion qui m'est offerte ici pour le remercier officiellement de sa délicatesse à notre égard.

Chez Christian je fis l'acquisition de la boite de construction d'une vedette lance-torpilles que je montais sans trop de difficultés, l'individu que j'étais devenu ayant acquis quelques éducations avec l'âge et ne reproduisant plus les égarements décrits dans le chapitre "Protohistoire" à propos de l'élaboration des coques....

1975

A l'état actuel, une allure d'épave mais saisisante de réalisme..... L'engin fut piloté par une radio "personnelle", trafiquant en 144Mhz, je n'avais pas su faire des manches avec retour au neutre mais cela n'était pas très gênant. Il me semble que j'avais un manche rotatif pour la direction qui coulissait d'avant en arrière pour assurer la marche du moteur...

Une antenne Yagi donnait beaucoup d'originalité à l'ensemble qui était alimenté par une batterie au plomb de 12V posée au sol. Appareil détruit, je n'ai conservé que le coffret de la batterie qu'un ami avait eu la gentillesse de me souder. Les servos étaient de construction personnelle eux aussi, leur fonctionnement était loin d'être parfait car ils étaient configurés en analogique...

Ce système a marché à peu près, avec ça j'étais contemporain des ensembles digitaux hautes performances qui existaient depuis plusieurs années mais après tout le crocodile existe bien à coté du flamand rose...

Par hasard, j'ai retrouvé une médiocre photo de cette radio, petit choc, j'ignorais qu'elle exista...

On voit le boitier derrière la vedette, en distinguant l'antenne Yagi devant le pneu de la voiture, le bouton noir c'était la direction.

Ma seconde phase modélistique était sur des rails, je vais essayer de vous compter par l'image les chapitres les plus poignants de cette épopée, suivez le guide...

L'hélica de Marcel Layat

Ma première conquête motorisée au moteur thermique... un OS 30 avec une hélice jaune. Pas de photos de l'Hélica, là c'est sûr. Pour retrouver cet engin bêtement détruit lui aussi, je l'ai refait en image de synthèse, c'est une consolation. Mon Dieu qu'elle était belle, quel con....

La maquette fonctionnait bien avec sa roue arrière directrice mais il avait fallu élargir le train voyez-vous...

La première hélica date de 1914, son poste de pilotage ressemblait à celui d'un avion.

Une vingtaine d'exemplaires furent construit, certains sur rails....

http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?4KY28.110/180/100/678/0/0

On peut admirer un exemplaire rescapé dans la chapelle du Conservatoire des Arts et Métier à Paris.

Pour en voir rouler une c'est ici ! http://www.youtube.com/watch?v=ZHNz-453c6M

Télécharger le brevet Anglais de l'hélica de Marcel Layat

Télécharger le brevet Suisse

Esprit de l'eau es-tu là ?

Il était là. Il nous habita plusieurs années, il façonna notre imaginaire dans le sens de ses voeux, des bateaux, encore des bateaux. Le premier est inoubliable, c'était un hydroglisseur à flotteurs construit en fer blanc (acier de 2/10 étamé style boite à gateaux) affublé de l'OS 30 et de l'hélice jaune, voici l'objet en pleine action...

Il fonctionnait fort bien après avoir placé sous les flotteurs, vers le redan, 2 lames en tôle inclinées à 45°. Ces "crampons" le rendait indécrochable de la surface de l'eau même dans les virages les plus violents, enfin presque...

Ces "crampons" calés à zéro degré, fonctionnaient comme des foils (voir "Piaggio") seulement dans les virages.

Avec de l'imagination, on peut les apercevoir en suivant les flèches rouges de la deuxième image...

On s'amusait de peu de chose.... Une feuille de tôle autour d'un moteur, c'était le miracle de la radiocommande et celui de la motorisation qui faisait tout le charme du jouet...

C'est à l'occasion des essais de cette machine sur le plan d'eau de Cournon d'Auvergne (A l'époque ou il n'était pas encore pollué de grillages et de réglements liberticides) que Jean-Louis et moi fîmes la connaissance d'André qui seul au bord du lac s'ennuyait ferme avec son voilier.

"La bande" commençais à se rassembler, elle dura de nombreuses années, des années de jeunesse, des années de bonheur modéliste.

Des années d'amitié sans arrière-pensées ni rivalité.

Sans bêtise humaine : C'est un comble!

Effet de sol

En cette période de découverte, nos "jouets" tombaient vite en disgrace, il y avait tant et tant à faire, un modèle chassait l'autre et le cannibalisme était la règle. Jean-Louis acheta un autre OS 30 et un "Overcraft" bimoteur fut construit. Pareil, en tôle, avec des chambres à air comme flotteur, jupe et... amortisseurs...

On retrouve la vedette avec la "vieille" radio 144 Mhz et sur la boite à droite la "nouvelle", construite en kit en 27,195 Mhz, servos Lextronic.

Il y a deux sortes de modélistes, ceux qui restent au sec et ceux qui se mouillent...

Un volet de direction soufflé par le moteur de propulsion orientait l'engin, on peut voir ci-dessous un film de l'appareil en action. C'était le temps du "super 8" qui n'avait de super que le nom... beaucoup d'autres modèles sont visibles dans cette video dont la bande son est évidement factice.... comme au temps de Georges Méliès (1861-1938) l'inventeur des premiers trucages et des premiers studios...

Super-8

http://www.youtube.com/watch?v=JCSWGpn8DT8

On se rappelle que les véhicules à coussin d'air fonctionnent grace à un matelas d'air comprimé produit par une soufflante. Pour éviter une trop grande perte d'air, une ou plusieurs "jupes" restent en contact avec le milieu d'évolution, aquatique le plus souvent.

Par la suite je concoctais différents autres aéroglisseurs avec un seul moteur.

A droite, la moitié du souffle était dirigé vers le dessous pour créer le coussin d'air, le résultat était moyen... Sur l'autre modèle il y avait trois hélices, une à l'intérieur pour le coussin et deux autres à transmission par courroies crantées pour la propulsion... simple!

 

Ci-dessus, le plus performant de la série disposait d'une grande hélice à pas variable avec "reverse", marche arrière utilisable à pleine puissance pour freiner! Je n'ai aucun souvenir de la disposition du moteur dans la boite à chapeaux derrière le chauffeur...

*****

Des données "aéroglissantes" anciennes sont disponibles dans cette page: biographie-ader4

Effets de vent

Cap Horn, quarantièmes rugissants, Eric Tabarly, Alain Colas (Manureva...) comment échapper à l'appel du large.... le vent aussi nous attira. Un char à voile commença la série, aucune photo, aucun intérêt non plus....

Le trimaran de Colas fut construit en... tôle. Il fonctionnait très mal surtout quand il y avait du vent! Deux états stables... vous voyez ce que je veux dire? Les flotteurs manquaient singulièrement de volume et hop!

A gauche, Jean-Louis en pleine concentration. Sur l'eau, sans vent, belle allure....

Mais ce ne fut pas le pire, en dehors d'un voilier classique (à coque plastique) qui naviguait parfaitement, d'autres élucubrations en tôle virent le jour, voyez plutôt...

A gauche classique, au centre voile rigide (une aile orientée par un "aileron"), à droite voile rotative à "effet Magnus". Le voilier ordinaire fonctionnait bien, l'aile rigide pas du tout.... la voile rotative (entrainée par un moteur électrique) avait tendance à vibrer et le moteur consommait plus d'énergie que le vent n'en apportait!

Les racers

Plus vite, toujours plus vite, c'était notre obsession, alors nous avons fabriqué des bateaux rapides à coque planante, des racers. Moteurs "marins" à refroidissement par eau (avec une écope derrière l'hélice) transmission rigide ou flexible, hors-bord, nous avons expérimenté avec rage... voici une partie de la collection.

Ma première coque. Construction tôle, moteur "marin" 4cm3, très bon fonctionnement, rapide et maniable, sauf pour éviter les bouées...

 

La "pelle" de Jean-Louis. Même principe, très courte, extrèmement maniable.

André, Fernand, Charles, au bord du lac. A droite Fernand et son catamaran à moteur 10cm3. A gauche, son chalutier avec Nelly ma petite chienne.

L'hydroglisseur Couzinet de Fernand (voir "arc"), à droite celui qui est visible dans le film 

A gauche mes deux coques en fibre (achetées), je ne sais plus quel moteur il y avait dessus. A droite mon catamaran avec hélice aérienne...

...transformé ensuite avec un moteur hors-bord...

 

...monté plus tard sur une coque "trois points" en tôle agressive décorée "artistique" !

Le hors-bord fonctionnait en hélice semi-immergée (une seule pale dans l'eau à l'arrêt).

  

Il fit l'objet d'un article dans MRB en 1988 avec un dessin de Gilbert Fava.

L'hydroptère

Les hydroptères sont des bateaux dont la coque s'élève au dessus de l'eau grâce des plans porteurs, ou foils, qui fonctionnent comme des ailes d'avion. J'avais construit un modèle de ce type avec deux foils semi-immergés à l'avant et un "empennage" immergé à l'arrière. Un long arbre de transmission issu du moteur avant actionnait l'hélice arrière.

Ci-dessous, Jean-Louis vient de récupérer l'hydroptère. On peut le voir fonctionner brièvement dans le film super 8.

Après quelques essais, j'avais trouvé  un profil de foils plan-convexe qui donnait des résultats satisfaisants avec un calage de 5°, repris de mémoire des années plus tard sur le Piaggio.

 

Impossible de trouver d'autres photos de l'engin, je n'ai que celles-ci qui sont à la limite du présentable. Quelques détails sur les foils sont toutefois visibles sur celle de gauche, on distingue les plans en "échelle" à coté de l'étoile rouge. A droite, en période d'essais, la machine n'était pas peinte et ses plans porteurs étaient disposés différemment.

Voir la page Piaggio et surtout le site de Claude Tisserand pour plus de détails techniques sur les ailes marines.

Les "Buggys"

Maintenant, comme c'est la mode, on les appellerait des 4X4. En ce temps là, une société de Dijon (France...) avait sorti un véhicule "tout terrain", deux roues motrices, avec transmission par courroies rondes (système que j'utilise toujours sur mon tour... inusable !). Nous avions acheté le "kit" puis décliné le concept en multiples versions plus ou moins réussies. Certaines voitures dites "de piste", étaient achetées ou construites de toutes pièces, je n'ai pas le souvenir de tous les détails, mais il reste quelques photos.

La "2CV" d'André et son "Toyota", à droite sa "Super 5" et mon buggy marqué vassel...  

Mon "dragster" à gauche (!), ci-dessous des "brochettes" de modèles avec ma chenillette...

Dont le principe fut repris sur un camion à roues avant directrices, moteur à l'arrière sous la bâche. 

Le modèle existe toujours, il ne manque que le phare gauche qui avait échoué sur un P38...

J'avais commis aussi un engin électrique "futuriste" et un monstre mécanique inclassable.... bref....

Les motos

Un petit miracle de la technique : Fourche libre sur son axe, inclinaison latérale de l'axe pour piloter, résultat incroyable, autostabilité parfaite.

André avait fait plusieurs motos de toute pièces. Moi j'avais transformé une moto électrique du commerce en thermique (1,6cm3), on peut la voir évoluer (à 3mn10s) dans le film.

Cet épisode motocycliste termine le chapitre "préhistoire", après l'eau et la terre nous allons changer d'élément et jouer la fille de l'air en cliquant sur le petit avion jaune... si vous le voulez bien...

Dernière mise à jour : 4/5/2015

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