Reportage Dominique Ramentol

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Coupe Schneider 1986

Depuis notre rencontre hydravions de l'an passé sur le plan d'eau des Martres de Veyre (63) où nous faisions la rencontre de Jean Claude Requet, nous avions envie, Alain Vassel et moi, d'aller voir cette fameuse coupe Schneider italienne et d'y participer. Eh bien, cette année, ce fut fait.

Partis de Clermont Ferrand vendredi après-midi, nous nous sommes rendus à Thonon les Bains où nous accueillait l'hospitalité de Mme Requet. La soirée se passa fort agréablement autour de la raclette (Savoie oblige), et Jean Claude, en habitué de la Coupe à laquelle il participe depuis de nombreuses années, nous parla de ce qui nous attendait durant les 2 jours à venir.

Le lendemain matin, direction Gaviratte en Italie à travers la Suisse et les Alpes. Paysages magnifiques, mais malheureusement, pas le temps de faire du tourisme, la rencontre commençant à 14 h. Trois heures plus tard, nous traversons le Lac Majeur par le bac, ce qui nous procure une demi-heure de repos (auprès du bar) et nous fait gagner un temps appréciable. Encore quelques kilomètres et nous voilà arrivés à Gaviratte, sur le bord du Lac de Varèse, un plan d'eau idéal pour faire évoluer nos hydravions. Un lac immense avec tout le dégagement nécessaire mais dans lequel nous aurions eu peur de tomber tant l'eau semble polluée. Essayez d'imaginer une boue verte recouvrant la surface du lac sur plusieurs mètres le long de la berge!

Durant tout le week-end, le ciel fut avec nous. Un soleil radieux et un vent pratiquement nul. Cette absence de vent facilita grandement le taxiage et la présentation sur l'eau, l'avion n'ayant pas cette fâcheuse tendance à se mettre face au vent avec l'impossibilité de le manoeuvrer et de le ramener vers la berge si le vent est contraire.

 

A gauche le Macchi M33 de Giorgio Fagioli, à droite le Blanchard de Bellingeri

Le programme de la compétition

Samedi matin : essais libres. Pour notre part, arrivés samedi midi, il n'y eut donc aucun essai. Ce qui est aussi bien, car il doit être très décevant de faire 1 400 km en 2 jours, prendre le risque de casser aux essais libres et ainsi de ne pas pouvoir participer à la compétition.

Samedi 14 h 30 : le jury fait le tour de tous les hydravions pour se faire une idée générale. Ensuite jugement statique individuel, ce qui nous porte à la fin de l'après-midi.

Samedi 18 h : début des vols de qualification. Pour être qualifié, il suffit de décoller, faire 2 passages en ligne droite devant les juges à basse et constante hauteur. En cas d'échec à la 1ère tentative, les concurrents ont droit à un 2ème essai. Tout se passa sans grands problèmes pour tous les concurrents sauf Fagioli dont seul le M33 put prendre l'air, ses 2 autres modales n'étant pas qualifiés.

Dimanche matin : 1ère série de vols. Chaque vol consiste en un taxiage en « S »pour démontrer la manoeuvrabilité, ensuite décollage, 8 tours autour des 3 pylônes (environ 8 x 750 m), ce qui est très long et éprouvant pour les pilotes et enfin amerrissage. Le jury semble apprécier toutes les manoeuvres et passages près de lui (le « S » du taxiage, le décollage, l'amerrissage). Le vol doit être le plus régulier possible : altitude faible et constante, vitesse et virages réalistes.

Dimanche après-midi : deuxième série de vols, comme le matin, tous les avions qualifiés ont volé, certains de justesse, comme les Blanchard (un hydravion français) qui sont visiblement sous-motorisés. Dans l'ensemble, les vols ont été plus heurtés, avec des variations d'altitude, que ceux du matin. Ces variations sont certainement dues à un léger vent irrégulier dans le parcours autour des pylônes. Les résultats s'en ressentent puisque plus de la moitié des concurrents ont fait un deuxième vol moins bien noté que le premier.

Le Bernard HV 120 de Jean-Claude Requet

le Fiat C29 de Giorgio Fagioli et le Savoia d'Alain Vassel

Les résultats

Peu après la fin du dernier vol, affichage des points du 2ème essai. Addition rapide, de notre part, du meilleur vol et du statique (les points ont été affichés à la fin de chaque série) résultat très agréable, mon camarade Alain Vassel est classé 2ème, juste après Martegani, mais avant Bergamaschi, le vainqueur des années précédentes.

Malheureusement, notre joie fut rapidement teintée de tristesse. Le jury, composé uniquement d'Italiens, "se rend compte de cet accroc" à leur fierté : Bergamaschi, le champion, relégué à la 3e place, et par un Français ! Alors, reprise de toutes les notes, et une heure plus tard, affichage définitif, qui est celui reproduit sur le tableau. Bergamaschi se retrouve à la 2ème place avec un statique qui est passé de 1 024 à 1 040 et son meilleur vol de 968 à 978. Maintenant, cela fait 22 points de plus que Vassel. Vive la gomme à effacer le crayon à papier!

C'est dommage, car l'accueil des modélistes italiens fut parfait. Toute la rencontre s'est déroulée dans le même climat de camaraderie que l'on peut trouver lors des vols du week-end dans son club, sans cette rigidité liée généralement à la compétition internationale. Echange de "trucs", de techniques de construction et même de documentation introuvable en France. Ce qui est, à mon sens, très surprenant, car la documentation représente une part très importante dans ce concours.

1 Martegani Varèse Macchi M7
2141
2 Bergamaschi Mach Aurora Sopwith
2018
3 Vassel CMA Gerzat Morane Saulnier
1996
4 Bergamaschi Mach Aurora Macchi M33
1902
5 Requet CM Thonon Bernard HV120
1853
6 Martegani Varèse Sopwith
1727
7 Bellingeri Pavie Blanchard
1678
8 Valdata Pavie Blanchard
1673
9 Vassel CMA Gerzat Savoia S65
1609
10 Fagioli ASA Macchi M33
1607
11 Fagioli ASA Savoia S65
1130
12 Fagioli ASA Fiat C29
1091

Ma conclusion

Après avoir retrouvé mon train-train quotidien, je ne souhaite plus qu'une chose, retourner à cette coupe Schneider en espérant une participation plus importante de nous autres Français. D'ici là, bons vols et à l'année prochaine en Italie, sur le bord du lac de Varèse pour une nouvelle coupe...

Dernière mise à jour : 21/03/2008

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