La route de la soie

Un siècle avant JC, la soie, un tissu fabuleux dont aucun Occidental ne connaissait le mode de fabrication, transitait à dos de chameau à travers montagnes et déserts au long d'une route longue de 6000 Km entre la Chine et Rome. C'était la route de la soie que Marco Polo emprunta au 13 ème siècle pour aller, (mais cela est loin d'être sûr...) en Chine.

Connue au Moyen-Orient depuis les temps Biblique, la soie est l'une des plus ancienne fibre textile. Découverte par les Chinois 2500 ans avant JC, elle garda son secret pendant 3000 ans.

C'est la chenille d'un papillon Chinois, le Bombyx du Mûrier, appelé couramment " ver à soie " qui sécrète un cocon de soie composé d'un seul fil de plus d'un kilomètre de long pour cacher au yeux du monde sa métamorphose en insecte volant. Ainsi, depuis la nuit des temps, l'idée du vol était déjà inscrite dans la destinée de la soie…

J'ai eu l'occasion, une fois, d'assister à l'élaboration des fils de soie à partir de cocons, c'était en Thaïlande dans un atelier pour touriste et je me souviens de ces cocons ignominieusement plongés dans l'eau bouillante et dont les fils réunis ensemble se déroulaient pour former une fibre utilisable. Comment trouve t-on le début de la pelote? Mystère…

Collaborer avec des insectes non consentants pour obtenir leurs précieuses fibres, c'est un travail délicat et fastidieux dont on imagine mal les difficultés entre l'incubation des œufs, la nourriture des chenilles avec des feuilles de Mûrier et la récupération des fils. Plus de 5000 cocons sont nécessaires pour obtenir un kilo de soie…

Finalement, 4500 ans après sa découverte et malgré la concurrence des fibres artificielles, la soie naturelle est toujours utilisée car rien ne remplace les pouvoirs de Dame Nature.

Le Bombix, une merveille de la nature

http://jackyrodesch.chez.com/page17.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombyx_du_m%C3%BBrier

L'entoilage à la soie

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En modélisme, ce type d'entoilage est devenu grandement obsolète, c'est sans doute pour cela que je l'utilise… A l'heure actuelle on entoile surtout en Dépron ou à l'aide d'une carte bleue ou d'un carnet de chèque….

Mais si vous le permettez je vais essayer de me justifier. Comme tout le monde, au fil (!) des ans j'ai essayé un peu tous les systèmes de revêtement, Solar, Coverite, Solartex, tissu de verre et puis aussi le coton et même des trucs bizarres comme des tissus élastiques en fibres synthétiques inconnues pour certains endroits aux formes tourmentées.

Depuis longtemps déjà, je ne digère plus les revêtements thermo-rétractables, c'est drôle car les résultats sont très bon et c'est bien là le problème : c'est trop bien… c'est comme si les ailes sortaient d'un moule industriel, elles présentent alors à peu près le même intérêt que la photocopie d'un tableau de Salvador Dali par rapport à l'original : aucun.

Je sais, j'exagère malhonnêtement comme toujours, (C'est comme pour le Dépron, pardon Messieurs Dames, vous pouvez continuer d'en user et d'en abuser malgré mon anathème…) mais je vais quand même vous dire une bonne chose, c'est vrai qu'avec la soie l'art est difficile, mais saperlipopette, c'est justement l'occasion de se défoncer pour tenter de garder intact le précieux trésor de sa propre estime tout en trouvant du plaisir à manipuler cette matière encore presque vivante… On peut la caresser, apprécier sa douceur, sa souplesse, son abandon entre les mains et puis aussi on peut se battre contre son mauvais caractère, contre ses manies, ses états d'âme et ses sautes d'humeur…. cela ne vous rappelle rien?... Menteurs…

 

Un peu d'histoire

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Au départ, en aviation grandeur (en modèles réduits aussi sans doute) on ne savait pas tendre correctement les tissus. Ader avait boutonné les toiles (de soie) de ses avions sans les enduire de quoi que se soit… le tissage était suffisamment étanche surtout pour l'usage qu'il voulait en faire.

Plus tard les toiles de la Demoiselle de Santos Dumont était fixées par des œillets (allez voir celle du Musée de l'Air), d'autres (Les Frères Voisin) passaient de la "colle de pâtes"sur leurs ailes, on ne sais pas bien ce que c'était. Je suppose que comme les peintres savaient tendre et imperméabiliser leurs toile depuis longtemps en utilisant de la "colle de peau" (colle animale à base de peau de lapin? ) le système a dû être utilisé aussi.

Et puis un jour, quelqu'un a eu l'idée franchement géniale d'inventer des enduits cellulosiques capables de tendre et de rendre étanche. Comment cela est il possible je n'en ai pas la moindre idée, je ne sais pas si c'est une action physique ou chimique ou les deux à la fois, c'est un mystère glorieux…

Vous allez penser que je suis bête (merci quand même, mais je le sais depuis longtemps et cela se précise de plus en plus…), mais je n'ai jamais rien compris aux caprices de la tension des toiles.

L'histoire a commencée avec le Morane que j'avais décidé d'entoiler à la soie. C'était la première fois que j'utilisais un enduit de tension, j'avais lu des trucs là-dessus qui donnaient l'impression que c'étaient seulement "les grands spécialistes" qui arrivaient à faire ça. Quand je posais des questions autour de moi tout le monde savait le faire, ils l'avaient tous fait un jour ou l'autre… mais il y avait longtemps…

Untel me disait : Il faut mouiller la soie et la tendre humide, comme ça quand elle sèche (archichèche…) elle est déjà tendue. Humide, oui et comment fait-on ? Avec un vaporisateur.

Un autre prétendait qu'il fallait tendre très fort, mais vraiment très fort, à sec surtout. Ah bon, surtout à sec.

Un troisième racontait des histoires d'enduit cellulosique et d'enduit nitro-cellulosique, l'un était tendeur, l'autre non… lequel il tendait-il s'il vous plait? Euh, ça dépendait des marques… Tiens donc, il y avait des bonnes marques et des mauvaises marques… Et à quoi reconnaît-on une bonne marque? C'est comme le bon chasseur… à la couleur de la gélinotte cendrée ?

Pour d'autres il fallait passer le pinceau à l'envers par-dessous sinon ça coulait (Comme le camembert….)… il fallait diluer à l'acétone aussi…. mais pas trop… (Comme le pastis…).

Je prenais des notes et plus j'en prenais plus mon inquiétude grandissait… voyons voir… il faudrait donc une bonne marque d'enduit de… tension (Mais alors à quoi peut-il servir celui qui ne tend pas?), posé humide ou sec avec de la soie mais pas n'importe laquelle (Le "pongé" c'est la meilleure) et pour coller sur la structure je fais comment? Avec de la colle cellulosique uniquement, d'accord, d'accord….. et puis passer à l'envers surtout, oui, oui…

Conclusion : En langage sévère j'appellerais ça un flou artistique, en langage simple un merdier…

 

Finalement...

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Pour le Morane, j'ai pris le problème à bras le corps : J'ai fait la structure, acheté de la soie (n'importe laquelle), acheté de l'enduit (le premier que j'ai trouvé avec des explications en Biélo-Russe) et j'ai commencé par maroufler ce qui devait l'être après avoir passé mon coupon dans une lessiveuse avec de la teinture (trop foncée d'ailleurs) et tout s'est bien passé.

J'avais naturellement tartiné avant, une couche d'enduit partout, après avoir constaté de visu que sans cela le tissu se collait très mal… Pas trop débile quand même (à l'époque…). Donc, marouflage OK, on n'en parle plus, le tissu s'est tendu sur le bois sans aucun problème (Je rappelle pour ceux qui sont arrivés en retard que "maroufler" c'est coller du tissu sur un support).

Après cette réussite grandiose il fallait passer à l'aile. Là, j'ai tendue la soie, collé la soie, enduit la soie…. et constaté que la toile se détendait lamentablement en doublant de volume… bigre… bigre… c'était donc ça l'effet de l'enduit de "tension"… Le lendemain le résultat était toujours aussi affreux et j'attaquais la seconde couche plein d'espoir quand même, "on" m'avait dit : Pour la soie il faut une semaine bon poids : première couche ça détend, séchage, deuxième couche, c'est moins pire… etc

Le grand malheur c'est que dans mon cas une semaine après le résultat était toujours aussi lamentable, castatrofique (!) … et désastreux.

Je sais bien que mon sort n'inquiète pas grand monde en général (Ne vous gênez pas continuez) mais là pour une fois, quelqu'un est venu à mon secours, un ami spécialiste de l'entoilage, un moustachu de derrière les fagots, rescapé de deux guerres mondiales et d'un divorce. Un dur de dur.

Il m'a dit, Alain, pas de problème, je vais te montrer, te faire une démonstration de la colossale étendue de mes capacités d'entoileur, je vais te faire une éprouvette sur un cadre, après je t'expliquerai et tu verras ce que tu vas voir. Je reviens dans trois jours avec la preuve évidente de ton incapacité mon pauvre garçon…

- Merci mon ami, merci, tu es trop bon avec moi, je me demande si je mérite autant d'attention, reviens vite avec la preuve de ma déchéance et merci encore…

- No problem, boy, no problem, y come back rapidos...

Et de fait, quelque jour après mon ami était "come back" avec son éprouvette en bois à la main. Je me souviens parfaitement aussi que le tissu rouge de la dite éprouvette était complètement, totalement et inéluctablement… détendu !

- Excuse-moi Alain, j'ai dû perdre la main, il se passe quelque chose, les produits ont changé, tout fout le camp… avant ça marchait…

- Oui avant c'était le bon temps, tout marchait si bien, j'ai d'autres exemples si tu veux….

- Non merci, je sais, avant c'était le paradis, maintenant on attrape l'enfer, je ne peux rien faire pour toi, au plaisir et bon courage.

Après cette série d'encouragements, la suite de l'histoire est toute simple, j'ai arraché la soie, remis une nouvelle couche, fais une prière et recommencé. Cette fois-ci, je ne sais plus exactement ce que j'ai fais mais je crois que l'influence de la prière a été déterminante, le truc a marché. Vingt ans après l'aile n'a pas bougé malgré l'utilisation de l'engin en atmosphère humide....

Alors, la question qui se pose est celle-ci :

Que faut il faire sacrebleu de bon sang de bois de milles sabords, pour tendre à coup sûr cette saleté de soie….

Si vous êtes toujours là malgré mon langage ordurier, je vais vous répondre, je n'ai pas toutes les réponses mais j'ai moins de questions que par le passé, suivez le guide et attention ou vous mettez les pieds.

L'entoilage au coton

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Oui, je sais, le titre de l'essai c'est la route de la soie, je n'ai pas oublié, mais je vais vous dire, avec les textiles quels qu'il soient, les problèmes sont exactement les mêmes, voici tout d'abord la situation que j'ai connue avec l'entoilage en coton.

J'avais décidé de l'essayer sur le Voisin 1908 (Pages Voisin) car c'était un profil simple surface (une seule toile sur l'extrados) et pour tenter d'augmenter le réalisme d'un appareil qui à l'époque était en entoilé en… lin. Comme la teinte naturelle du lin tire vers le jaunâtre, j'avais récupéré deux coupons de coton léger dont la teinte me paraissait adéquate.

Ensuite j'ai fais quelques cadres en bois pour servir d'éprouvette et commencé les essais. Avec de l'enduit Graupner qui traînait dans un pot, le départ fut médiocre, pas de tension satisfaisante.

Au bout d'un certain temps et après divers essais infructueux, quelqu'un me donna une idée par téléphone : Il fallait ajouter de l'amidon avant de placer l'enduit… Ah, pourquoi pas, cela commençait à sentir la recette de cuisine mais c'était plus facile que de rajouter du sel et des échalotes…

Je trouvais facilement de l'amidon en bombe destiné à… amidonner… je ne sais pas trop quoi… demandez autour de vous si vous voulez absolument le savoir.

Avec cet amidon un miracle se produisit, l'enduit Graupner marchait. Après cinq couches d'enduit passé au pinceau et plus ou moins diluées à l'acétone, le résultat était parfait…. Ouhai!!!

Par chance (vous verrez plus loin), le deuxième coupon (un peu différent) donna le même résultat et oh! miracle, un tissu élastique indispensable à certains endroits aussi.

Donc à l'époque (96-97) je savais tendre un tissu de coton, là, là, là….

La chose se confirma avec le modèle suivant (Antoinette) dont le coton ne posa aucun problème, toujours avec l'amidon et l'enduit Graupner ou Copaéro.

 

Le coupon maudit

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Pour faire la suite du programme (Un vrai maquettiste ne s'arrête jamais de maquetter sauf pour se nourrir avec frugalité, aller aux toilettes, faire sa toilette, se laver les dents, faire l'amour et puis parfois aussi dormir, mais le moins possible), pour faire la suite du programme donc, comme l'entoilage coton marchait bien, était de la bonne teinte, pas transparent et pas trop lourd, je trouvais un jour dans mon magasin de tissu préféré un coupon de coton dont l'aspect était parfaitement satisfaisant, c'était ce que l'on appelle de la "popeline de coton", léger, fin au toucher, de la bonne couleur légèrement teintée.

En arrivant à la maison avec ma trouvaille, sûr de moi, je plaçais une découpe sur l'éprouvette en la collant à la colle à tissu, séchage, amidonnage, première couche d'enduit, détente… normal, deuxième couche pareil, bon, troisième couche aucune tension visible… oh, oh…. quatrième et cinquième couche…. aucun résultat, désastre complet, le tissu ne s'est jamais tendu. D'autres essais ont donné le même résultat… lamentable, la ruine, la fin du monde …

L'enduit était le même, l'amidon aussi, la méthode aussi, le seul changement c'était le tissu… pourquoi ? Mystère, je ne l'ai jamais su… mais il y a pire, plus étrange encore vous allez voir…

Le mystère de la soie

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Comme le coton ne marchait plus et que je n'allais pas essayer tous les coupons du monde, je tentais alors de revenir à la soie. Après tout j'avais déjà réussi une fois sans connaître l'astuce de l'amidon et puis je n'étais quand même pas le premier (plutôt un des derniers d'ailleurs…) à entoiler avec ce matériau qui existait depuis 3000 ans…

Comme l'épouse de Guy pratiquait depuis des années la peinture sur soie je lui demandais quelques échantillons pour tester en éprouvette. Il existe bien sûr des soies différentes avec des grammages plus ou moins forts, et puis des tissages plus ou moins serrés. En prenant les tissus les plus fins issus de la même société elle m'apporta deux échantillons, l'un très fin, arachnéen, l'autre presque pareil, un peu plus serré.

Eprouvettes, première couche d'enduit sans amidon sur chaque toile et là un double miracle se produisit (encore… décidément c'est la cour des miracles…), sur le tissu le plus fin la tension a été pratiquement instantanée à la première couche! En regardant le tissu sécher je le voyais se tendre à l'œil nu, je n'avais jamais vu ça! Bien sûr les autres couches n'ont fait qu'accentuer le phénomène et la tension fut parfaite dès la troisième. Cela, c'était le premier miracle.

Sur la seconde toile à peine plus épaisse et je le rappelle du même fabricant, un second miracle s'est produit mais celui-ci fut négatif (ça existe?) complètement négatif, aucune tension n'est apparue, jamais, même après plusieurs mois de séchage et l'usage de l'amidon n'a rien changé… incroyable.

On verra plus bas qu'une solution a été trouvée en ... 2010 pour tendre cette soie...

Pas têtu (pour une fois…), j'ai commandé un coupon du premier tissu mais seulement après avoir résolu trois autres problèmes inquiétants :

- La soie enduite était transparente comme du cristal…

- Sa teinte était celle du cristal…

- En le passant au pinceau et étant donné la finesse de la toile, l'enduit traversait joyeusement comme il aurait fait avec une passoire…

Les solutions à ces trois difficultés ont été trouvées, elles seront exposées plus bas et je sais donc au jour d'aujourd'hui (29 mai 2005) entoiler avec une certaine soie et un certain enduit mais cela ne va pas plus loin, si la toile change il y a de grandes chances pour que cela ne marche plus.

Ainsi donc, l'entoilage reste pour moi un mystère complet, une physico-chimie qui me dépasse complètement et sans doute pour toujours… à moins qu'une âme sensible et compétente ne lise ces lignes et puisse m'expliquer….. je déroulerai le tapis rouge…

Comme la "Grande Aviation" ne semble pas avoir ce genre de problèmes, voici un lien vers des produits "sérieux":

http://www.diatex.fr/produits/aero/enduits.htm

Si vous pouvez en faire bon usage....

Ma méthode

(année 2002)

***

Pour dompter le fauve, commencer par faire quelques cadres en bois qui vont servir d'éprouvette, cela évite de se ridiculiser en faisant les essais sur la structure définitive que l'on a eu tant de mal à construire.

  

Faire les essais sur un échantillon de soie (ou de coton pourquoi pas) avec un enduit facile à se procurer.

Le résultat doit être visible dès la première couche, sinon c'est mauvais signe.

Quand l'éprouvette marche bien avec deux ou trois couches c'est gagné, on peut acheter un coupon.

Pour régler les trois problèmes évoqués ci-dessus, celui de la transparence, de la teinte et de la passoire, voici les solutions que j'ai trouvé :

- Pour la passoire c'est très simple, il faut utiliser un rouleau à la place d'un pinceau, en effet contrairement au pinceau qui ne faire qu'appliquer le produit, le rouleau fonctionne comme une pompe aspirante et foulante en déposant juste la quantité nécessaire si on se débrouille bien.

Avec le rouleau il n'y a (pratiquement) plus de coulure sous la toile et en plus comme on évite de se tordre le cou, aucun frais de kinésithérapeute… (Je sais c'est génial…)

L'objet noir avec un bec, c'est le ciseau électrique de B&D, génial aussi !

- Pour la transparence je met du talc (Je sais, je n'ai rien inventé).

- Pour la teinte je met du talc teinté (mélangé au mortier) avec un pigment minéral en poudre (Ah, il fallait y penser…)

Je rajoute aussi de la teinture à bois (chêne clair, à séchage rapide)...

... qui fait des nuances bizarres que j'aime bien.

Je termine avec un vernis mat à deux composants incassable au carburant.

 

 

Quand on pose la soie, (En la collant à l'enduit pur avec un petit pinceau sur des surfaces sèches déjà enduites d'enduit pur, jamais de colle cellulosique) on imagine qu'avec cette masse de tissu qui ne pèse presque rien, le poids de l'entoilage sera cadeau mais c'est une erreur, les cinq couches d'enduit ne s'évaporent pas complètement et surtout comble de malheur le talc c'est très lourd, c'est de la pierre en poudre… comme le ciment… J'ai pesé des échantillons de soie et de coton de même surface (Après "enduction" bien sûr) et il n'y avait pas de différence significative malgré la masse de départ plus faible de la soie. Il est certain que si la soie peut rester transparente ou si elle doit être peinte, les écarts seront différents.

Pour terminer voici la "formule" du petit alchimiste que j'utilise pour entoiler à la soie. Comme les différents ingrédients doivent être présents en quantité précises, si on veut obtenir des résultats constants il faut pouvoir les peser, la possession d'une balance s'impose et d'ailleurs elle sert pour des tas de mesures très utiles en particulier celle des colles et surtout celles des résines, fini la corvée des seringues et le balai des éprouvettes impossibles à nettoyer.

La balance idéale est électronique avec une précision de 10mg, on en trouve par exemple chez Conrad (http://www.conrad.fr/ce/) à des prix raisonnables.

Voici la formule complète :

- Deux couches d'enduit pur (Graupner ou Copaéro) passées au rouleau. Séchage de quelques heures ou plus entre chaque couche.

- Deux couches d'enduit au talc dilué à 50% d'acétone. Deux grammes de talc pour dix grammes d'enduit.

- Une couche d'enduit au talc dilué à 50% d'acétone, coloré au pigment (fournitures pour bébé et fournitures pour artistes peintres), une partie de pigment pour vingt parties de talc, par exemple 5g de pigment pour 100g de talc. Mélanger au mortier. Conserver dans un pot de confiture...

- Une couche de teinture à bois (Syntilor polyuréthane, chêne clair) passée au pinceau.

- Une couche de vernis deux composants maté à la base à mater (Pour la marque "R-M", 10g de vernis + 2g de durcisseur + 5g de base à mater) passé au pinceau.

Voila, c'est tout....

Mes lacunes

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Rappelez-vous, je n'ai fais que deux modèles à la soie, le premier et le deuxième.... je manque donc éminemment d'expérience alors y a t-il un entoileur dans la salle ? N'ayez pas peur je ne vous mangerai pas ............ Personne........ dommage. Par exemple j'aurais aimé savoir ce qu'il faut faire pour que le tissu ne colle pas à certains endroits de la structure, je subodore qu'il suffit de déposer de la cire ou bien du silicone ou bien de la parraffine ? Qui saurait répondre à cette question ?

Sur le très beau site de Vincent Besancon (http://www.retroplane.net/ ) j'ai lu la technique "humide" de Jean Luc Boutillon pour entoiler à la soie, cela parait si simple mais j'ai encore des questions après cette lecture car pour les ailes creuses et c'est mon cas, comment fait-on pour éviter que le creux ne devienne plat si le tissu sèche trop rapidement ?

Moi sur l'intrados, (Je commence toujours par l'intrados), je pose simplement le tissu avec une faible tension seulement dans le sens de la longueur et j'ai ensuite tout mon temps pour le coller sur les nervures.

 

 

 

 

Au fait, à la construction, ne surtout pas oublier des renforts sur les parties de la structure qui peuvent flamber (par flambage...) la soie est plus maligne que l'on croit, quand ça la prend elle tire fort, très fort, alors attention... penser aussi à caler certaines pièces au séchage... et même longtemps après....

Pour d'autres images, voir : bolchoi.htm

 

D'autres solutions ?

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L'une d'elle arriva en septembre 2010, dans le numéro 82 de RC Pilot, page 84.

Laurent Schmitz (laurent.schmitz@telnet.be), publiait un article sur sa méthode d'entoilage à la soie. En résumé, il pose le coupon de soie sur le bois non enduit, asperge d'eau copieusement toute la zone à l'aide d'un vaporisateur et tend le mieux possible cette soie qui se colle alors sur le bois. Avec l'enduit " Spanlak ", il enduit le pourtour à l'aide d'un "vieux" pinceau.

L'enduit blanchit, il laisse sécher une heure ou deux. Après séchage, la soie est déjà tendue et il continue avec cinq couches pour terminer l'entoilage.

Intrigué par l'efficacité de ce procédé extrêmement humide, je repris sur l'éprouvette un morceau de ma soie "non tendable" et vérifiait qu'elle ne se tendait toujours pas. Un autre morceau de soie du même coupon "maudit" fut ensuite collé, puis mouillé à l'eau simplement avec les doigts.

Le lendemain, la soie était sèche et déjà tendue, tient ! La première couche d'enduit provoqua une tension "normale" et la deuxième encore plus !!!

Ma soie "non tendable" devenait utilisable après un simple contact avec l'eau.... Avec une eau bénite j'aurais cru au miracle!!!

Un miracle que je n'explique pas, mais dont voici le résultat :

En haut à gauche, toute frippé la soie "sèche", au dessous la soie qui a connu "l'empreinte" de l'eau...

Merci Monsieur Schmitz, ça marche. Il n'empêche que si l'on dispose d'une soie consentante, il est plus simple et pratique d'entoiler à sec car en plus les bois et surtout les coffrages n'aiment guère l'humidité.

Une troisième solution intermédiaire pourrait sans doute être utilisée : Il suffirait de continuer à entoiler à sec sur une structure de bois enduite, de coller les bords et les nervures (même creuses) comme avant, puis de vaporiser ou de passer une éponge humide, de laisser sêcher complètement et la soie même "récalcitrante" se tendrait parfaitement ?

C'est à essayer, et cela doit marcher parfaitement...

 

Joie et bonheur, c'est tout le mal que je vous souhaite en harmonie avec le Voile des Anges.

Vous remarquerez que du haut de son toit, Loulou surveillait avec une grande attention mes entoilages à la soie...

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