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L'immoralité ne date pas d'hier, les fraudeurs et les coquins ont toujours existé, la rédaction de Postillon a retrouvé, toujours dans Fulmicoton des articles datés de 1907, qui dénoncent sans ambiguïté le pouvoir inouï des forces du mal, déjà à cette époque.

Postillon : L'antidote des courbatures

Tiré de Fulmicoton N°45 du 1er octobre 1907

Faux et usage de faux

Par Sébastien Unnbelkuit

Certains individus peu recommandables travaillent dans l'activité illicite de la fabrication de faux moteurs.

Une nouvelle stupéfiante nous est parvenue en toute dernière minute au moment ou nous mettions sous presse, notre honorable correspondant en Centre Gaule, le Colonel Alphonse D'Enlbrouillard nous communique que d'après les milieux généralement bien informés, une production et un trafic de faux moteurs aurait été découvert dans cette région.

Cette nouvelle, si elle s'avère exacte, va plonger notre communauté dans la consternation d'autant plus qu'il semblerait qu'une fausse usine de roues ait été également récemment découverte dans le même secteur et par les mêmes agents.

D'après les inspecteurs Bric et Broc des brigades du "BRUT " (Brigade de Recherche des Usurpations Technologiques), les terroristes appartiennent à un mouvement bien connu de leurs services, il s'agit du " SOUPIR " (Système Organisé Uniquement Pour Irriter les Responsables), ce mouvement très secret et très puissant serait dirigé par un énigmatique "Alpha Victor" dont on ignore totalement la véritable identité, mais il est certain que cet individu est très dangereux.

Des documents très compromettants pour le "SOUPIR" ont été subtilisés par des agents spéciaux au péril de leurs vies, il s'agit de plans partiels parfois en mauvais état, accompagnés de photographies. L'analyse rapide de ces pièces à conviction laisse à penser qu'il s'agit de fragments de liasses de fabrication d'éléments importants de ces faux moteurs, en effet un protocole est inclus dans le dossier, il servait vraisemblablement aux malfaiteurs dans l'unité de production de l'usine secrète. Nous livrons ces documents tels quels à nos lecteurs qui pourront ainsi se faire une idée de la malhonnêteté de ces canailles.

Mademoiselle Elvire D'Uncoussecq, distinguée secrétaire du Colonel D'Enlbrouillard, a bien voulu nous faire parvenir ces documents dont le texte a été entièrement retapé par elle-même avec sa toute nouvelle machine à écrire à pistons hydrauliques, nous la remercions vivement pour son dévouement à la cause de la justice.

Document "SOUPIR"

Le procédé d'usinage des écrous hexagonaux

Le procédé décrit ci-dessous est à utiliser exclusivement pour la fabrication de fausses pièces de faux moteurs. Avec le procédé on peut fabriquer n'importe quelle faux écrou de n'importe quelle dimension jusqu'au diamètre d'environ 10mm. Le procédé est économique en énergie car bien qu'il nécessite l'utilisation d'un tour, celui-ci ne tourne pas, il reste fixe. Le procédé nécessite seulement de l'énergie pour faire tourner une meule accouplée sur le tour (NDLR : On se perd en conjectures sur l'égarement d'une telle dépravation…). Le dessin fournit avec ce document montre parfaitement le processus utilisé par le procédé. Pour tourner d'un sixième de tour à chaque face, des repères sur le mandrin donnent une précision suffisante.

Certains mauvais esprits ont objecté que les hexagones obtenus avec le procédé n'avaient pas de faces planes du fait de l'utilisation d'une meule circulaire de dimension maximum de 40mm.

Nous répondrons à ces objecteurs qu'ils peuvent toujours essayer de trouver dans le commerce des tiges hexagonales toutes faites pour certaines dimensions (Quand l'Octant existera cela sera bien agréable) et que d'autre part quand le diamètre de la meule augmente et tend vers l'infini, la platitude des faces a tendance à devenir presque totalement plate. La seule difficulté sera de trouver la dite meule et surtout d'avoir suffisamment de place pour la faire tourner. En tout état de cause et quoi que l'on fasse, l'infini restera toujours très grand.

Dans l'état actuel du procédé le défaut de platitude des faces reste totalement invisible à l'œil nu et de toute façon les détracteurs ne font plus partie de la maison.

Document "SOUPIR"

Le procédé d'usinage des écrous cannelés

Le même procédé de fabrication que celui des écrous hexagonaux est utilisé pour fabriquer des écrous cannelés sauf que les détracteurs restent cois (féminin : coite, locution rarement employée dans le genre même avec un tréma) sans pouvoir distiller leur fiel, du fait que c'est une fraise cylindrique qui est utilisée à la place de la fameuse meule de dimensions non infinies. Le dessin fourni avec le dossier de fabrication montre très clairement la méthode utilisée, ceux qui n'ont pas compris peuvent demander un rendez-vous à notre bien-aimé Directeur de fabrication, Monsieur Otto Shlag qui les recevra avec sa très grande courtoisie habituelle.

NDLR: On n'a pas l'air de plaisanter souvent dans l'usine du "SOUPIR"….

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