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Aujourd'hui, après des mois d'investigations dans les bas-fonds les plus infects, uniquement fréquentés par les cafards, les araignées et les rats, la rédaction de Postillon est fière de vous présenter le résultat de ses recherches : Deux affaires terrifiantes, sommet d'indignité, d'ignominie et de basses turpitudes, fomentées par les techniciens du "SOUPIR", qui en cette fin d'année 1907 représentaient vraiment la face la plus infâme de l'humanité.

NDLR: Âmes sensibles s'abstenir.

Postillon : Le soulagement de l'eczéma

TRAFFICS EN TOUT GENRE EN GAULE DU CENTRE

Les faussaires du Centre Gaule ont encore frappé, fantastique découverte d'un trafic de faux filets

 

Tiré de " Fulmicoton " N°47 du 2 décembre 1907

Par Florent Lamonay

Pas de repos pour les faussaires, nos correspondants du Centre Gaule intrigués par le nombre important de faux filets découverts sur le marché, ont après enquête, découvert qu'une fois de plus, les contrefaçons avaient encore pour origine la fausse usine du "SOUPIR" dont nous avions déjà largement parlé dans nos précédentes éditions. Bien que les malfaiteurs soient, d'après la police, sur le point d'être appréhendés, ce scandaleux trafic ne cesse de croître et les honnêtes gens commencent à douter de l'efficacité de nos forces de protection.

C'est un cylindre en cire pour gramophone, perdu par un des malfaiteurs qui va donner à nos lecteurs une idée de l'importance de ce trafic. Le peu de travail nécessaire pour décoder le document, malgré la chaleur d'un poêle qui avait ramolli la cire, a rendu le sourire à Mademoiselle Elvire D'Uncoussecq dont la santé laissait à désirer depuis la précédente affaire (voir Postillon N°3).

Document "SOUPIR"

Fabriquons des faux filets pour nos bouchons de réservoir

LA COMPLAINTE DU FAUX FILET

Un poème d'Adèle Laberlue

Oh ! combien de bouchons, combien de réservoirs,

Pourtant partis joyeux pour des courses lointaines,

Se sont vu rire au nez par des badauds hilares,

Dont la sagacité avait facilement,

Constaté de visu l'absence de filet.

Evitons ce genre d'épisode lamentable, ne rougissons pas de nos productions, soyons fiers de nos bouchons, nous leurs devons un filet, c'est notre devoir.

Exactement comme pour l'ADN, qui sera vraisemblablement découvert par Crick et Watson en 1953, le secret du faux filet réside dans la fabrication d'une double hélice à spires jointives dont l'un des éléments sera ensuite arraché pour obtenir une simple hélice, c'est à dire un filet.

Détails techniques de fabrication

- Tourner un cylindre en duralumin de la dimension intérieure du goulot du réservoir.

- Rouler autour de ce cylindre une première plaque de tôle en laissant une fente égale au diamètre des fils métalliques en laiton (pas de cuivre trop mou) utilisés pour constituer le filet.

- Rouler une seconde plaque de tôle plus petite autour de la première, elle représentera le fond du goulot si nécessaire.

- Ces plaques seront maintenues par un fil de fer torsadé.

- Enrouler en hélice les deux fils métalliques côte à côte sur la hauteur désirée, ces fils seront coincés dans la fente par pliage.

- Souder soigneusement les fils et les plaques en laissant bien couler la soudure entre les éléments, enlever l'excès de soudure de façon à bien voir les fils.

- Arracher l'un des fils de laiton en l'enroulant doucement autour d'une pince, il faut absolument éviter de le casser.

- Le bouchon du réservoir sera tourné d'une seule pièce, il ne comporte évidemment pas de filet et sera soit collé, soit tenu par un ressort sur le goulot soit vissé sur un écrou invisible disposé à l'intérieur du goulot.

Pour faire des cannelures sur ce bouchon encore monté sur le tour, à défaut d'un outil spécial, on peut utiliser une fraise cylindrique à grosse denture qui tourillonne sur le porte-flexible (flexible démonté) fixé sur la tourelle. Ces cannelures sont fines, on ne les distingue pas sur les photos mais cela est assez normal car elles furent imaginées plus tard. Mea culpa.

ATTENTION ! ! !

Pour garder le secret de notre fabrication et à partir de dorénavant, tout modèle prétendument maquette, fabriqué en dehors de notre usine et qui sera présenté à un jury de concours avec un faux filet de bouchon de réservoir, sera immédiatement arrosé d'essence par nos agents et détruit par le feu.

NDRL: Ils sont vraiment infects les gars du "SOUPIR"… Pouha, quelle horreur…

 

Fortes présomptions d'une fabrication en série de fausses plaques d'identification dans l'usine secrète du Centre Gaule

 

Tiré de "Fulmicoton" N°47 et demi du 15 décembre 1907

Par Annibal Pairduh

Par un hasard miraculeux, par un concours de circonstances exceptionnel, en raison d'un coup de chance extraordinairement favorable, c'est très fortuitement que le colonel Alphonse D'Enlbrouillard a eu la chance remarquable de trouver inopinément dans sa boite aux lettres, le brouillon, arraché d'un cahier d'écolier, d'un document, qui nonobstant un nombre important de fautes d'orthographe, semble bien indiquer qu'il existe quelque part dans son secteur une importante unité de fabrication de fausses plaques d'identification. Après correction des fautes, encore abasourdi par la découverte de cette nouvelle fraude, nous livrons tel quel à nos lecteurs cet ahurissant exemple de vilenie.

Document "SOUPIR"

Fabrication de plaques d'identification en métal

MATERIEL : Le but de la méthode est de fabriquer des plaques métalliques sur lesquelles des inscriptions semblent frappées c'est à dire gravées au marteau avec des poinçons spéciaux. La méthode est utilisable également pour simuler des têtes de rivet sur des petites plaques de tôle mince.

La tôle utilisée pour ces gravures sera exclusivement du laiton de 1/10 recuit par chauffage au rouge à la lampe à souder.

La fabrication des plaques utilise une matrice en cuivre gravée (à l'envers !) au perchlorure de fer (celui des futurs circuits imprimés) après tracé au vernis (à ongle) coloré.

La contre-matrice sera un matériau d'une certaine souplesse comme par exemple un caoutchouc dur, si le matériau est trop souple les formes seront mal reproduites, il faut faire des essais avec différents élastomères.

METHODE : Pour confectionner la matrice prendre un morceau de cuivre assez épais (vieux fer à souder) qui ne doit pas se déformer à l'emboutissage, tracer au vernis et à l'envers les inscriptions à reproduire, vernir aussi tout ce qui ne doit pas être attaqué, graver en plongeant la pièce dans le perchlorure de fer assez longtemps pour avoir une hauteur suffisante de l'écriture.

Placer la matrice, la feuille de laiton recuite et la contre-matrice en caoutchouc dans les mâchoires de l'étau et serrer suffisamment.

La finesse des inscriptions dépend de l'épaisseur de la tôle, plus celle-ci est fine plus des points séparés comme des rivets par exemple, peuvent se rapprocher les uns des autres.

Note de la rédaction  : Voici semble-t-il la méthode utilisée dans l'usine secrète pour fabriquer des fausses plaques gravées, nous espérons pour nos lecteurs qu'il ne s'agit pas là d'une méthode d'intoxication destinée à les induire en erreur car il est certain que nous n'avons pas pu vérifier la méthode décrite.

Mise en garde spéciale d'Annibal Pairduh  : Pour fabriquer des fausses plaques on connaît déjà la méthode utilisée en Lotharingie chez les barbares de l'Est, cette tribu primitive avide de conquêtes est passée maître dans l'art des plus infimes détails. Son chef Jacques 1er ayant acquis notre écriture avec l'aide de sa compagne la reine Martine - dite "La Divine" - connaît fort bien l'art et la manière d'abuser de la faiblesse de nos dirigeants pour arriver à ses fins.

Nous rappelons que cette méthode impie consiste à graver une plaque d'aluminium dans l'acide chlorhydrique après protection des tracés par un vernis photosensible ciselé aux ultraviolets à l'aide d'un cache noir (attention aux projections, elles peuvent être d'une extrême violence, faire un essai dans l'évier, fenêtre ouverte, à côté d'un bol rempli d'eau et à proximité d'un crucifix, avec une chute de métal pour commencer). On voit que les envahisseurs utilisent sans vergogne la méthode appliquée aux futurs circuits imprimés de TSF, ils se contentent de faire des économies en remplaçant le cuivre coûteux par de l'aluminium très bon marché, leur manœuvre est claire, ils veulent acculer à la ruine les fabricants de cuivre, on appréciera leur cupidité.

Seule une étude scientifique coûteuse pourrait nous indiquer si cette méthode barbare d'utilisation de l'aluminium peut donner d'aussi bons résultats qu'avec le cuivre, notre revue n'a évidemment pas les moyens d'une telle dépense.

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Intercepté pour vagabondage près d'un site d'évolution de modèles réduits en Centre Gaule, un ignoble individu, ancien technicien du "SOUPIR" avoue devant nos journalistes après un interrogatoire serré : "Oui j'ai triché, c'était en décembre 1907. Dans l'usine, j'avais la responsabilité des fausses plaques de faux rivets sur les faux moteurs que nous fabriquions à l'époque, et un jour j'ai craqué, à la place des vingt quatre rivets prévus, j'ai voulu simplifier, j'en ai mis seulement vingt. Bien sûr le chef s'en est aperçu et j'ai été renvoyé sans indemnités. Je... je regrette surtout pour mes camarades, après la discipline a été plus sévère à l'usine ".

" Tu finiras sur l'échafaud " lui a dit sa mère.

Quelle consternation. Où vas la France ?

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